Chuhui LUO– Stage au côté de Ethel Lilienfeld

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Le stage a été effectué du 13 décembre 2021 au 27 mai 2022, au sein du Fresnoy–Studio national des arts contemporains, auprès de l’artiste Ethel Lilienfeld pour son projet d’installation vidéo Invisible Filter.  Ce stage s’est déroulé au sein du pôle installation, et dans laboratoire photo du Fresnoy à Tourcoing. Le lieu du tournage était quant à lui situé à Villeneuve d’Ascq. 

J’ai été assignée au rôle d’assistante à la réalisation, en lien avec le cursus Art.Image dans lequel  je suis inscrite en 4ème année à l’École Supérieure d’Art Dunkerque/Tourcoing, site de Tourcoing.

Remerciements

Avant de commencer à développer une analyse de mon expérience professionnelle, je tiens d’abord à remercier toutes les personnes qui ont facilité la réalisation de ce stage. Je remercie ma référente de stage, Ethel Lilienfeld qui m’a accompagnée dans cette expérience avec beaucoup de patience et de confiance. Je remercie ma professeure, Nathalie Stefanov, responsable de la Filière Art.image pour ses excellents conseils et sa diligence quant à la suivi du bon déroulement de mon stage.  Je remercie également les institutions de l’Ecole Supérieure d’Art deTourcoing et le Fresnoy- Studio national des arts contemporains qui permettent cet échange entre les étudiants des deux écoles. Enfin, je tiens à remercier Eric Prigent qui a su accompagner les étudiants en Art.image et nous donner la confiance et l’opportunité de prendre part aux workshops et aux activités organisés par le  Fresnoy-Studio national d’art contemporain. Sans eux, rien n’aurait été possible.

Biographie de l’artiste

Ethel Lilienfeld est née en 1995. C’est une artiste plasticienne et vidéaste française vivant à Bruxelles. Après l’obtention de son master de sculpture dans l’atelier de Johan Muyle à la Cambre en 2020, elle obtient son Agrégation en 2021. Ethel Lilienfeld a récemment obtenu plusieurs prix : Audience Award, Brussels Videonline Festival #2 (2021), LA CENTRALE – Prix Cocof (Commission Communautaire Française) à la Médiatine (2021) – Prix des Amis de La Cambre (2020). Son travail a été exposé à multiples reprises (La Maison des Arts (BE), CENTRALE for Contemporary arts (BE), KANAL Centre Pompidou (BE), Espace Vanderborght (BE), Island (BE), Tasku Gallery (FI), Anderson Gallery (US), Satamakatu 5 Gallery (FI), BPS22 (BE).

Ethel Lilienfeld s’intéresse à son impact grandissant sur la vie quotidienne. Elle fabrique des images étranges qui exacerbent la tension entre le fantasme et la folie. Elle interroge les standards esthétiques, les normes sociales, les notions d’identité et de genre. Le corps occupe une place importante dans la plupart des propositions de l’artiste. Si elle utilise la photographie, l’installation vidéo, ou le film, ses dispositifs n’en restent pas moins intrinsèquement liés à la sculpture notamment à travers l’importance du rapport à l’espace. Dans ses vidéos, Ethel Lilienfeld module avec les acteurs, les décors et les objets en puisant tantôt dans la fiction, tantôt dans le réel.”

Présentation du projet

Ethel Lilienfeld, Invisible Filter, Installation vidéo à quatre canaux, Vue d’exposition l’installation, Panorama 24, L’autre côté, Production Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, 2022.

Cette œuvre est issue de la réflexion de l’artiste sur la question de l’identité sur les réseaux sociaux. Il existe une pléthore d’applications pour modifier notre apparence et les gens sont habitués à utiliser des filtres pour reconstituer une image numérique d’apparence parfaite. Cette obsession de l’image parfaite est le point d’entrée de l’œuvre observée par l’artiste. Ce sentiment obsessionnel et pathologique de laideur ou de dysfonctionnement a conduit de plus en plus de personnes à recourir à la chirurgie esthétique et à idolâtrer une image améliorée d’elles-mêmes.

Dans cette installation vidéo, l’artiste tente de mettre en scène deux femmes d’apparence similaire mais d’âges différents qui regardent leur propre visage à travers une cuve. La jeune femme pleure et ses larmes tombent dans l’eau créant des ondulations qui brouillent son visage qui s’y reflète. La femme plus âgée fixe la jeune femme, son regard ne montrant aucune émotion. Ses yeux observent simplement. L’objectif de la caméra montrede loin l’espace architectural à travers la fenêtre. La lumière nocturne contribue à créer une ambiance mystérieuse. Lorsque la jeune femme tente de s’approcher de la vitre, son visage commence à subir une autre sorte de déformation numérique, l’alternance de ces visages créant un espace de superposition de couches de réalité.

L’installation sur place est composée de deux écrans horizontaux et de deux écrans verticaux. Ces vidéos en plusieurs dimensions nous incitent à réfléchir à l’image que nous avons de nous-mêmes.

Synopsis 

« Invisible Filter »

La description que l’on peut lire  sur le site du Fresnoy indique ceci : “L’installation aborde de manière métaphorique le rapport que nous entretenons avec notre propre image, aujourd’hui archivée et mise à jour en continu sur les réseaux sociaux.

L’image de soi ainsi développée a donné naissance à un avatar, un double « augmenté » que nous avons l’habitude de modeler par l’intermédiaire de différents artifices virtuels, notamment les filtres numériques.

Évoquant entre autres le mythe de Narcisse, le conte de Blanche Neige, le film Persona d’Ingmar Bergman et les filtres numériques utilisés sur les réseaux sociaux pour améliorer notre apparence, les vidéos alternent entre désolation et apaisement. En créant un espace fait de niveaux de réalités qui se chevauchent, Invisible Filter pose de manière angoissante l’éternel problème de l’image de soi.”

Ma contribution

Ma participation à la production de cette installation a commencé par l’essai des accessoires au cours duquel nous avons testé la cuve en la remplissant d’eau afin de vérifier l’intégrité de celle-ci et ainsi éviter les accidents sur le plateau. En décembre, j’ai rencontré le chargé de production, Stéphane Smogor, pour discuter du calendrier et des détails du tournage. En préparation, j’ai également aidé l’artiste à trouver des accessoires pour l’éclairage du plateau.

Accessoire conçu par l’artiste

J’ai également participé à la préparation du tournage à Villeneuve d’Ascq, notamment à la mise en place de l’éclairage et des accessoires sur le plateau. Pendant le tournage, j’ai effectué diverses tâches qui m’ont donné l’occasion de travailler avec différents membres de l’équipe. J’ai aussi pris des photos des coulisses pour documenter le processus créatif dans son entièreté.

L’équipe du tournage du film, photos Chuhui LUO, 2022

Une fois le tournage de cette installation vidéo terminée, nous avons continué à travailler ensemble pour tester son prochain projet. Nous avons travaillé ensemble dans le studio pour concevoir l’éclairage et réaliser une série de portraits. Nous avons ensuite testé la couleur et la taille du papier dans le studio de photo. L’artiste s’est servie de cette séance d’essais comme base pour une série d’œuvres intitulée Les Acrolithes.

Ethel Lilienfeld, Les Acrolithes, une série de douze photographies portraits, Production Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, 2022.

Les Acrolithes est une série de douze portraits photographiques. Les images, séduisantes et troublantes, dépeignent des personnages hybrides à la nature incertaine. En manipulant l’intelligence artificielle d’un programme informatique habituellement utilisé pour améliorer l’apparence, l’artiste nous invite à la lisière du beau et du repoussant, du réel et du virtuel, du vivant et du mort. Devenus fictifs, les personnages de la série éprouvent le concept de beauté et de perfection. L’angoisse apparaît lorsque le cerveau peine à discerner l’humain de l’humanoïde. De la perfection s’échappe la monstruosité.

A partir du 15 novembre 2022, j’ai participé à son nouveau projet de film (en préparation de la 25ème édition du Panorama) pour lequel nous avons fait un tournage test sur plateau. Je suis aussi apparue en tant qu’actrice dans la vidéo de la version test.

Le nouveau projet de film de l’artiste à l’essai, photo par Chuhui LUO, 2022

Rapport de stage 

Réaliser ce stage a été une opportunité très intéressante pour moi et une nouvelle expérience dans le champ des installations vidéo. La capacité de l’artiste, Ethel Lilienfeld, à exécuter des projets artistiques et à les planifier en équipe était remarquable. J’ai beaucoup appris à son contact dans ces domaines. Participer à son travail m’a permis de mieux comprendre les enjeux et difficultés que l’artiste peut être amené à affronter pour mener à bien un projet dans son intégralité. Sur le côté pratique, j’ai participé à l’ensemble du processus de tournage et cette expérience m’a fait prendre conscience de la quantité de tests techniques qui doivent être effectués pour réaliser une vidéo professionnelle. Cette expérience m’a aidé à réaliser mes propres projets vidéo depuis lors. La conception de l’installation vidéo par l’artiste m’a aussi ouverte à l’immense panel de présentations possibles, ce que j’ai trouvé très inspirant.

Grâce au soutien d’Ethel Lilienfeld, j’ai pu enrichir mon expérience professionnelle et je lui suis très reconnaissante pour sa patience et la confiance qu’elle a placée en moi. Cela m’a enrichi et motivé et mon stage a été très agréable. J’ai été ravie de travailler sur son premier projet artistique et de recevoir sa proposition de participer à ses prochains. Ainsi, en plus des tournages vidéo et des tests d’accessoires, j’ai également travaillé sur des photos et des tirages. Le fait de collaborer avec toute l’équipe de tournage a été une expérience inoubliable.

L’équipe du tournage du film, vidéo par Chuhui LUO, 2022
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