Ghyzlène Boukaïla – Stage auprès de Fernando Colin Roque

Fernando Colin Roque, Dana, Carnaval y Tzompantli, film, 19 min

“La responsabilité de la première assistante réalisatrice m’a été confiée pour la réalisation de ce film. Il m’était souvent répété que cette place était celle du chef d’orchestre de la réalisation cinématographique.” 

Au cours de mes études supérieures en art, les prémices de mes réflexions et recherches portent pour une part sur les codes traditionnels et sociaux, afin de questionner la présence et les interactions de la femme dans les espaces publics. Pourquoi le genre est-il  remis en question dans les pays arabo-musulmans ? 

En Octobre 2018, lors de la rentrée annuelle au Fresnoy Studio-national des arts contemporains, nous avons assisté à la présentation des travaux des artistes-étudiants de la promotions Andrés S. Labarthe ( 2018/2020 ).  

Une grande attention était portée à chacun d’entre eux. Nous avons découvert leurs axes de recherche ainsi que leur démarche plastique, ou encore cinématographique.

Stéphanie Gervot, artiste performeuse, multi-média et Fernando Colin Roque, réalisateur et documentariste Mexicain sont les deux artistes dont les démarches m’ont le plus intéressée. Leurs axes de recherche se rapprochaient des miens, que je résumerais en ces termes :

“ La subversion du genre dans les sociétés traditionnelles et occidentales ‘’.

Fernando Colin Roque a commencé à filmer des habitants de son village natal Chiapas (Mexico), caméra sur l’épaule. Son approche se veut être au plus près de son sujet, nous amenant dans l’intimité de celui-ci. Ces réalisations documentaires questionnent les conditions dans lesquelles les personnages évoluent, les contractions auxquelles ils font face dû à leur singularité et face à une société parfois conservatrice. Son approche s’est précisée lorsque l’artiste a fait la rencontre de Thalia et Dana dans un village non loin de Mexico City. Leur quotidien nous amène au fur et à mesure vers l’ambiguïté dans laquelle elles évoluent, leur village, ainsi que  leur combat afin d’affirmer leur transsexualité. 

Dana Karvelas, s’est toujours affirmée en tant que transsexuelle au Mexique. Elle est devenue une icône de la communauté LGBQ à Mexico. Elle joue pour cela un rôle important dans « Estrellas Solitarias » de Fernando Urpapilleta. Sa transformation (iconique) féminine s’est inspirée de la chanteuse Dalida. 

Son engagement dans la communauté LGBT est importante. Dana s’affirme en tant que personnage et actrice transsexuelle luttant pour les droits de la liberté du genre au Mexique.

Au cours de la  première partie de la réalisation documentaire La vida es (un carnaval),  Fernando suivait Dana et Thalia dans leur village natal. Elles se préparaient pour une fête traditionnelle Mexicaine, où tous les hommes du village se travestissaient pour divertir les habitants. Une « folklorisation » du genre était choisie. 

A l’issue de cette première partie documentaire, le réalisateur a poursuivi ses problématiques en réalisant un court-métrage sur la vie de DANA. Une actrice  transsexuelle mexicaine se rend dans le Nord de la France pour assister à la réunion fan club de Dalida, Dana y découvre un carnaval l’amenant vers une quête spirituelle. 

Ce court-métrage se veut être une approche cinématographique, mêlant la fiction et le documentaire, questionnant la place du genre, comme pour parvenir à un élément de réponse sur l’existence. 

Fernando et moi même évoquions souvent nos intérêts à l’égard d’un changement dans nos pays respectifs. Cela, afin de, comprendre certains aspects contradictoires et problématiques du “vivre ensemble” dans nos sociétés. Lorsque j’ai découvert le scénario, j’ai rapidement compris qu’il s’y logeait un réel questionnement sur la place du genre et sur celle du symbole de la mort dans la culture mexicaine. Aborder une problématique sociétale sous le prisme d’une croyance spirituelle m’a donné envie de travailler sur ce film, avec Fernando.  

La responsabilité de la première assistante réalisatrice m’a été confiée pour la réalisation de ce film. Il m’était souvent répété que cette place était celle du chef d’orchestre de la production. 

Vers la fin d’année 2018, j’ai entamé différents niveaux de lecture du scénario. Je retiens le terme de “dépouillement, un des mots techniques du vocabulaire employé dans à la réalisation d’un film. 

En débutant par une lecture de chacune des séquences, j’y proposais des valeurs de cadre à l’image, le type de costumes des personnages principaux, les accessoires présents dans chacune des séquences, renvoyant à la sémiotique de la mort. Il y avait peu de dialogue dans le film. Une recherche de l’improvisation. L’aspect documentaire se voulait d’être au plus près d’une réalité, celle de Dana. Le dialogue proposé était celui de sa rencontre avec la mort. Nous avions retravaillé sur cet échange, en se basant sur la peur de la mort. 

J’eu la responsabilité de préparer les cinq jours de tournage. En commençant par définir  et à choisir, avec Fernando, l’équipe de tournage, du premier assistant caméra, l’ingénieur son, la “perch’women”, la chefffe décoratrice à la régie, et les renforts sur le plateau de tournage.

 Une fois l’équipe définie nous pouvions entamer les différents castings de figuration, et du second rôle, la mort. 

Le premier casting était très intense. Nous avons passer toute une journée et soirée, à rencontrer différentes femmes de la région. 

Le réalisateur leur proposait de jouer le rôle de la mort en improvisation. Il cherchait à être au plus près d’une réalité, d’un personnage, d’une énergie. 

Par la suite, nous avons entamé les repérages dans la région. Nous cherchions des lieux bien précis, caractérisant le Nord, tels le feu de St.Pol (phare rouge de Dunkerque) ou encore différents Estaminets. 

Une fois que tous les décors, et les figurants ainsi que le second rôle et l’équipe furent établis,  j’ai du travailler au plan de travail.

Il s’est donc agi de réaliser pour chaque scène une liste des décors, accessoires, rôles, véhicules, éclairages et de tout autre matériel nécessaire.

C’est avec ce “dépouillement”, – le découpage technique et le storyboard éventuel -, que l’assistant réalisateur est à même de pouvoir constituer le plan de travail de la production cinématographique. Il s’agit en quelque sorte d’un calendrier précis regroupant toutes les informations essentielles au tournage comme les informations tirées du dépouillement, mais aussi les disponibilités des acteurs, des lieux de tournages et accessoires. 

Ce travail est essentiel au bon déroulement du tournage et s’ébauche au fur et à mesure, au cours des repérages par l’assistant réalisateur et en collaboration avec le réalisateur.

Le plan de travail détermine aussi l’ordre des scènes à tourner pour une journée, et le nombre qu’il faudra tourner, décrits dans la feuille de service. Lors du tournage, c’est aussi l’assistant réalisateur qui veille au bon déroulement du tournage et au respect du plan de travail, aidé par le directeur de production qui supervise.

Au cours de cette intense expérience, j’ai pu apprendre un nombre considérable d’éléments. Le rôle de première assistante réalisatrice, m’a permis d’étudier différente phase du scénario, de l’études sémiotique au choix d’acteur. Cela ma permis aussi d’en apprendre plus sur moi, de la maitrise de tous les aspects d’un tournage a sa concrétisation: le tournage. Et surtout apprendre a avoir une rigueur .

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