Yunyi Zhu – Stage avec Guangli Liu

https://www.lefresnoy.net/panorama21/artwork/1192/nouvelles-de-la-capitale-dantimoine/guangli-liu

Le ville de Lengshuijiang, Janvier 2019, ©️Yunyi Zhu
De gauche à droite : Haolei Wu, Wei Fang, Guangli Liu, Yunyi Zhu, Ying Liu, Janvier 2019

J’ai effectué mon stage auprès de Guangli Liu, inscrit en première année au Fresnoy-Studio national des arts contemporains.

Extrait du film Nouvelles de la Capitale d’Antimoine
Extrait du filme Nouvelles de la Capitale d’Antimoine
Extrait du filme Nouvelles de la Capitale d’Antimoine
Extrait du filme Nouvelles de la Capitale d’Antimoine

Rapport de stage effectué en février et mars 2019.

Auprès de Guangli Liu, artiste étudiant au Fresnoy-Studio national des arts contemporains, pour l’aide à la réalisation de son documentaire.

Le stage s’est déroulé en trois temps :

Du 7 janvier au 11 janvier 2019, il s’agissait de préparer le matériel technique pour tourner en Chine.

Du 16 janvier au 10 février 2019, nous nous sommes rendus à Lengshuijiang en Chine. J’ai fait la prise du son et j’ai été opérateur caméra avec Guangli Liu. 

Du 25 février au 11 mars 2019, nous avons travaillé sur le montage du documentaire.

Contexte général du stage

Depuis septembre, je suis inscris dans la filière Ar+image dans l’intention d’intégrer le Fresnoy – Studio national des arts contemporains. 

Le Fresnoy est un établissement de formation artistique audiovisuelle. Il propose à des jeunes artistes, un cursus artistique et la production de deux oeuvres en deux ans. La première année, il est de coutume de réaliser une production cinématographique. La filière Ar+image nous permet, en nous proposant des temps pédagogiques, d’approcher progressivement cette institution.
Réaliser un stage avec un artiste étudiant au Fresnoy est une opportunité que nous propose la filière Ar+image. 

Durant les conférences, ateliers et projections de films, j’ai rencontré Guangli Liu. Il a suivi le cursus de l’Ecole supérieure d’art de l’agglomération d’Annecy et a obtenu le Diplôme national d’art plastique (DNA). Puis, il a rejoint la Villa Arson à Nice où il a obtenu le diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP). 

Maintenant, Guangli Liu est artiste-étudiant au Fresnoy, Promotion André S. Labarthe (2018 – 2020).

Ses productions plastiques allient la science fiction, l’animation 3D,  le documentaire. Ce stage consiste en la production d’un documentaire intitulé  “Nouvelles de la Capitale d’Antimoine”.

La mine d’antimoine, janvier 2019, ©️Wei Fang
Prise de vue de Lengshuijiang avec l’équipe de tournage de GuangLi Liu, Janvier 2019, ©️Yunyi Zhu
l’usine chimique Zitan, janvier 2019, ©️Yunyi Zhu

Présentation du stage

Dans un certain contexte culturel, la seule vérité des images produites par un documentaire est leur artificialité.

La ville de Lengshuijiang a été fondée en 1969, grâce à l’existence de la montagne Xikuangshan, ce qui signifie la montagne de l’étain. Cette ville possède le plus grand gisement d’antimoine du monde. L’exploitation et l’élaboration d’antimoine est principalement gérée par une entreprise nationale qui possède aussi une chaine télévisuelle . 

Dans ce documentaire, Guangli Liu découvre que la question de savoir qu’est-ce qui défini un homme relève d’une question de localisation, davantage qu’une question d’identité. 

Il faut comprendre la localisation dans les deux sens.  Ce terme ne renvoie pas seulement à la géographique, mais aussi à l’idée que tous les habitants doivent interagir avec leur habitat, leur environnement existant. Tous ces habitants doivent se construire les uns par rapport aux autres. L’autre sens de ce terme est technologique. Lorsque l’on se localise sur un écran, le simple geste de glisser notre doigt évoque un déplacement des coordonnées (ou un changement des échelles).

Selon Guangli Liu, la notion de “la capitale d’antimoine” reste très abstraite. Abstraite jusqu’au moment où il découvre que les pierres viennent de sa région natale grâce aux expositions ou aux musées de minéralogie en Europe qu’il a pu visiter. C’est alors qu’il commence alors à repenser sa relation avec sa ville natale grâce à la pierre d’antimoine. La recherche sur l’antimoine l’amène vers une localisation qui s’est faite en dehors du lieu local.

Ce qui m’intéresse dans ce projet et ce parcours, c’est qu’il a réalisé un documentaire qui lui-même porte sur le processus de création d’un documentaire à Lengshuijiang en Chine réalisé par une chaîne de télévision. 

En effet, l’été 2018, Guangli Liu a participé au tournage d’un grand projet documentaire de CCTV (la Télévision centrale de Chine). Cette chaîne s’est donnée pour objectif de faire 2300 épisodes documentaires dans tous les villages chinois, en vue de promouvoir la nouvelle Chine présidé par gouvernement de XI Jinping. 

L’équipe de tournage de CCTV bénéficie d’une autorité absolue. Ils ont les accès à tous les lieux et ils sont chaleureusement accueillis par tous les départements administratifs. Grâce à cette expérience, Guangli Liu  a été amené à réfléchir à la question de « l’authenticité » dans le cadre d’un mécanisme de production d’images nationales. Ce documentaire n’a pas été enregistré pour montrer la vérité, il a été réalisé dans le cadre d’une planification.

Au cours de ce stage, j’ai réfléchi au pouvoir de l’image. Le pouvoir de contrôler les images dans la société d’aujourd’hui est particulièrement important. Maîtriser l’image, c’est contrôler la vision des personnes qui observent le monde. La « diversification » de ce type d’informations dans la société d’aujourd’hui n’a pas vraiment élargi les horizons des personnes, au contraire, la vision de chacun s’est progressivement dégradée et uniformisée.

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