L’avenir du souvenir – Un projet de Charles Gallay

Introduction

L’archivage, physique ou numérique, mime le phénomène de mise en mémoire, bien qu’il se veuille accessible à une communauté, par essence. En filant cette comparaison, un réseau d’archives pourrait figurer une trame neuronale, n’attendant que le fil d’une pensée pour faire sens. Tétanisée par les rayonnages en expansion de mémoire, celle-ci requiert un remède à l’hypermnésie. Ainsi, sans l’œil algorithmique du moteur de recherche, aucune cohérence n’ordonne les masses virtuelles de cet amoncellement de big datas.

Cadre imposé, point de vue contraignant, cet accompagnement de la mémoire fournit les fondations de la pensée de demain, teintées, caractérisées, googlisées, yahootisées.

Les moteurs de recherche proposent des phantasmas – projections, hallucinations, images imparfaites – de ces mécaniques complexes, révélant une partie de leurs rouages, une fois juxtaposés – ou montés. À cela s’ajoute la possibilité d’utiliser différents moteurs de recherche – comme autant de points de vue – et de mettre en évidence leur identité/caractère – que l’on pourrait, presque, qualifier d’éthique, d’ethos ou d’esthétique puisqu’ils proposent des manières de sentir et de digérer le monde.

maquette en synthèse du projet l’avenir du souvenir – Charles Gallay

Charles Gallay donne à voir la complexité de nos nouveaux modes de savoir, organisés par les algorithmes et les systèmes de référencement, en réalisant une vaste installation composée de multiples écrans qui chacun apportent une réponses différente à la question posée en fonction du moteur de recherche. Comment ses moteurs de recherche réagissent-ils différemment si on introduit un mot ? Que nous apprend la comparaison de leurs différentes réponses sur la manière dont de nos jours se constituent les savoirs ? Quels bouleversements, pour reprendre les termes de Dominique Cardon (A quoi rêvent les algorithmes. 2015), ces nouvelles techniques de calcul introduisent-ils dans nos sociétés ? Quel projet politique ?

L’installation de Charles Gallay est présentée du 23 mars au 7 avril 2017, Galerie Commune, Esä, dans le cadre de l’exposition Cells Fiction.

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